Épaule
Épaule Gelée - Pathologies et Approches Thérapeutiques

Dans notre cabinet BodyLab, Ostéopathie et Physiothérapie | Réhabilitation et Entraînement à Zurich, nous recevons régulièrement des patients souffrant d'une épaule douloureuse avec, en prime, une mobilité réduite. Souvent attentistes, les patients ne consultent un médecin qu'après plusieurs mois, alors qu'une limitation importante des mouvements s'est déjà manifestée.
Dans ce blog, nous abordons l'apparition et les causes de l'épaule gelée (capsulite rétractile), avec pour objectif d'informer et de sensibiliser les patients afin de permettre, si possible, un diagnostic plus précoce. De plus, nous évoquons les options de traitement en évaluant leur efficacité à la lumière de diverses études scientifiques.
Qu'est-ce qu'une épaule gelée ?
L'épaule gelée (en anglais : frozen shoulder) ou, dans le jargon médical, la capsulite rétractile, est une limitation douloureuse – particulièrement au début de son évolution – de la mobilité passive et active de l'épaule.
La littérature orthopédique générale décrit 3 stades de la maladie :
Phase I : Une phase inflammatoire initiale, souvent caractérisée par de fortes douleurs, en particulier la nuit.
Phase II : Une deuxième phase d'enraidissement où, en plus de la douleur, une limitation de la mobilité s'installe progressivement. Avec le temps, les gestes du quotidien comme s'habiller ou boucler sa ceinture de sécurité en voiture deviennent plus difficiles ; des douleurs lancinantes et souvent vives apparaissent généralement sur la face antérieure de l'épaule.
Phase III : Une troisième phase de récupération durant laquelle, grâce au soutien des techniques de mobilisation manuelle de la physiothérapie, la mobilité normale se rétablit progressivement et les douleurs disparaissent.
Les causes de son apparition
La plupart du temps, l'épaule gelée apparaît de manière idiopathique (c'est-à-dire que la cause exacte reste inconnue). Cependant, les études indiquent que le diabète, les traumatismes de l'épaule (tels que les lésions de la coiffe des rotateurs, les atteintes du long biceps, les conflits sous-acromiaux), les troubles de la thyroïde, le surpoids ainsi que la spondylose cervicale sont associés à un risque de développement nettement plus élevé [1]. Des facteurs comme l'activité professionnelle et sportive ne semblent pas avoir d'influence. L'impact des troubles psychologiques et du stress est évoqué dans la littérature, sans être clairement démontré. Il est également intéressant de noter que de nombreuses personnes ayant souffert d'une épaule gelée en développent souvent une seconde à l'autre épaule.
Que se passe-t-il dans le corps ?
La physiopathologie de l'épaule gelée reste encore largement mystérieuse. Les études démontrent qu'une inflammation de la capsule se caractérise d'une part par une synovite, et d'autre part par une fibrose capsulaire. Les cytokines ainsi qu'une activité accrue du système immunitaire semblent être les précurseurs d'une fibrose subséquente de l'articulation de l'épaule, causée par une hyperactivité des fibroblastes.

Braus, Hermann, Braus 1921 148, classé dans le domaine public, détails sur Wikimedia Commons
Reconnaître les premiers signes d'une épaule gelée
De nombreux patients ne reconnaissent pas les prémices d'une épaule gelée et consultent un médecin trop tardivement. C'est parce que l'on n'a pas toujours conscience des mouvements complexes et automatiques de notre épaule, notre attention se portant plutôt sur la direction et le mouvement de notre main. Les premiers mouvements de compensation passent souvent inaperçus. Conséquences : des processus de fibrose avancés et, très fréquemment, un parcours thérapeutique de longue haleine. Si vous ressentez des douleurs brûlantes ou lancinantes à l'épaule, survenant souvent au début durant la nuit, n'attendez pas et faites évaluer vos symptômes par un spécialiste.
L'articulation de l'épaule est extrêmement complexe. Elle doit relever le défi permanent de concilier une grande mobilité avec une stabilité optimale. La moindre altération ou surcharge peut rapidement entraîner des dysfonctionnements majeurs.
La diversité des manifestations est grande et le diagnostic s'avère souvent complexe. C'est pourquoi, comme mentionné, il doit impérativement être confié à un professionnel de la santé.
Des thérapies efficaces
Plusieurs études démontrent l'excellente efficacité à court terme d'une infiltration de cortisone pour réduire la douleur et l'inflammation, particulièrement durant la phase inflammatoire [4,7]. De notre point de vue, notamment pour les personnes qui font face à leur deuxième épaule gelée, cela s'avère tout à fait judicieux à un stade précoce, mais uniquement en combinaison avec une thérapie manuelle passive !
La thérapie laser est fortement recommandée pour une réduction rapide et à court terme de la douleur, mais elle n'améliore pas la fonctionnalité ni l'amplitude de mouvement [4,7].
La thérapie par le mouvement actif, ainsi que les mobilisations passives de physiothérapie ou d'ostéopathie, sont hautement indiquées pour soulager la douleur et restaurer le mouvement lors des phases 2 et 3 de l'épaule gelée [4,5].
L'électrothérapie, les ultrasons et la thermothérapie peuvent être utilisés à court terme pour soulager la douleur. Cependant, les études à long terme montrent peu d'effets durables [7].
L'efficacité de l'acupuncture n'a pas pu être formellement démontrée [7].
En dernier recours, une libération capsulaire arthroscopique chirurgicale (arthrolyse) s'avère efficace. Cette intervention consiste à retirer partiellement ou totalement la membrane synoviale enflammée ainsi que les adhérences de la capsule. Cette méthode représente toutefois la solution de dernier recours et n'est généralement envisagée qu'après plusieurs mois ou années d'un traitement conservateur inefficace [6,7].
En résumé, un diagnostic rapide est la clé. Une évaluation médicale précoce par IRM est recommandée afin de pouvoir réaliser une infiltration si nécessaire et ainsi endiguer la phase inflammatoire. Dès la fin de la première phase, une prise en charge thérapeutique conservatrice doit être rapidement initiée. Une thérapie par le mouvement actif et l'apprentissage d'exercices spécifiques à faire chez soi sont essentiels pour la suite. Néanmoins, votre meilleur allié reste la persévérance. Même avec une thérapie conservatrice intensive, l'évolution peut s'étendre sur plusieurs mois, voire quelques années.
Si vous ressentez des symptômes similaires, ne prenez pas cela à la légère ! Contactez-nous ou consultez votre médecin.
Si tu as besoin de nous, nous sommes là pour t'accompagner !
Ton équipe BodyLab, à tes côtés jusqu'à ce que ton épaule retrouve toute sa liberté de mouvement.
Ostéopathie et Physiothérapie | Réhabilitation et Entraînement
Zurich Altstetten

Références bibliographiques
[1] Case control study of risk factors for frozen shoulder in China.
Li W, Lu N, Xu H, Wang H, Huang J.
Int J Rheum Dis. 2015 Jun;18(5):508-13. doi: 10.1111/1756-185X.12246. Epub 2014 Jan 18.
[2] Primary frozen shoulder: brief review of pathology and imaging abnormalities
Kazuya Tamai, Miwa Akutsu, and Yuichiro Yano.
J Orthop Sci. 2014; 19(1): 1–5. Published online 2013 Dec 4. doi: 10.1007/s00776-013-0495-x
[3] The pathology of frozen shoulder.
Hand GC, Athanasou NA, Matthews T, Carr AJ.
J Bone Joint Surg Br. 2007 Jul;89(7):928-32.
Jain TK, Sharma NK.
J Back Musculoskelet Rehabil. 2014;27(3):247-73. doi: 10.3233/BMR-130443.
Yang JL, Chang CW, Chen SY, Wang SF, Lin JJ.
Phys Ther. 2007 Oct;87(10):1307-15. Epub 2007 Aug 7.
Smith CD, Hamer P, Bunker TD.
Ann R Coll Surg Engl. 2014 Jan;96(1):55-60. doi: 10.1308/003588414X13824511650452.
[7] Frozen shoulder: the effectiveness of conservative and surgical interventions–systematic review.
Favejee MM1, Huisstede BM, Koes BW.
Br J Sports Med. 2011 Jan;45(1):49-56. doi: 10.1136/bjsm.2010.071431. Epub 2010 Jul 20.



