Les fondamentaux
Virus, bactéries, parasites et collègues

Agents pathogènes et germes
Le coronavirus (COVID-19) préoccupe le monde entier depuis maintenant plus d'un an, y compris chez nous en Suisse. Comme son nom l'indique, le SARS-CoV-2 fait partie des infections virales. Mais qu'est-ce qu'un virus exactement ? Et quelle est la différence avec les infections bactériennes et les parasites ? Comment les traite-t-on ? Qu'est-ce qui fonctionne vraiment ?
Transmission et contagion
Une contagion suivie d'une infection, quelle qu'elle soit, peut se produire de différentes manières. La plus connue et la plus répandue est sans doute l'infection par gouttelettes : lors de la respiration et de la parole, et plus particulièrement lors de la toux ou de l'éternuement, les virus et les bactéries qui s'accrochent aux minuscules gouttelettes sont libérés dans l'air (aérosols) et inhalés par d'autres personnes. C'est ainsi que ces agents pathogènes peuvent se transmettre d'homme à homme.
Cependant, l'infection par contact direct ou indirect (contact avec des surfaces) représente également un risque majeur. Dans ce cas, les agents pathogènes sont déposés sur des surfaces (poignées de porte, barres d'appui dans les transports publics, etc.) et d'innombrables autres personnes peuvent être contaminées en touchant ces objets [1].
De plus, les agents pathogènes peuvent être transmis par les fluides corporels (sang, salive, sécrétions sexuelles, etc.). Ainsi, lors de rapports sexuels, différentes maladies peuvent être transmises, comme les agents bactériens de la syphilis et de la gonorrhée ou les agents viraux de l'herpès, de l'hépatite B et du VIH [1].
En outre, l'alimentation et l'eau potable restent des sources d'infection majeures, en particulier dans les pays les plus pauvres. Pour les aliments, il s'agit par exemple des salmonelles (bactéries) ou de l'agent de l'hépatite A (virus), qui provoquent des diarrhées. L'exemple le plus connu de l'eau potable comme source d'infection est le choléra (bactérie).
Si certains agents pathogènes ne se transmettent que d'une seule manière spécifique, d'autres peuvent se propager de plusieurs façons. Le meilleur exemple en est la bactérie E. coli. Elle peut être transmise par des aliments contaminés (surtout la viande), de l'eau contaminée et même d'homme à homme [1].
Certaines maladies infectieuses se transmettent exclusivement d'homme à homme (par exemple la rougeole). Les maladies qui se transmettent de l'animal à l'homme sont appelées zoonoses [1]. Les vecteurs animaux les plus fréquents sont les insectes. Le moustique Anophèle, véritable hôte du paludisme (parasite), ainsi que le moustique de la fièvre jaune et le moustique tigre d'Asie (qui transmet la dengue et d'autres fièvres tropicales mortelles) comptent parmi les sources de zoonoses les plus connues. Mais sous nos latitudes également, les insectes peuvent être porteurs de maladies : les tiques peuvent transmettre la méningo-encéphalite à tiques (FSME, infection virale), une méningite parfois mortelle, ou la borréliose (synonyme : maladie de Lyme, infection bactérienne) [2].
Après les insectes, les oiseaux sont les deuxièmes vecteurs de zoonoses les plus importants (grippe aviaire).
Contaminé ne veut pas dire malade
Qu'il s'agisse d'un virus ou d'une bactérie qui s'attaque à l'organisme, le système immunitaire répond par une réaction de défense complexe et ingénieuse : les cellules étrangères sont attaquées.
Si le corps l'emporte de manière relativement simple et rapide, et qu'il maîtrise la situation sans faire de bruit, tu ne tombes pas malade et tu ne ressens pas grand-chose.
Important : dans certains cas, tu es tout de même contagieux, car tu portes la maladie en toi, même si tu n'en souffres pas !
Si la charge d'agents pathogènes est trop importante ou trop complexe pour le mécanisme de défense de l'organisme (cela ne va pas assez vite) ou si le corps les découvre trop tard, les agents pathogènes peuvent se propager et provoquer une infection : tu tombes malade et tu as des symptômes. La fièvre stimule la réaction de défense et dès que les agents pathogènes sont à nouveau maîtrisés et décimés, tu te sens mieux et tu guéris.
Il est impossible de dire précisément qui tombe malade, quand et pourquoi : car tout le monde ne tombe pas malade ! Cela dépend en grande partie de ton système immunitaire spécifique et individuel. Cela dépend aussi du nombre d'agents pathogènes (charge microbienne) et de la dangerosité de l'agent pathogène.
Infections virales

US government, Infectious bronchitis virus, classé dans le domaine public, détails sur Wikimedia Commons
Les virus sont de loin les principaux agents responsables des infections des voies respiratoires supérieures et des maladies diarrhéiques.
Les virus sont des particules de structure très simple, composées uniquement d'un brin d'information génétique (ADN/ARN) et de quelques cellules protéiques. De ce fait, les virus ne possèdent pas de propre cellule ni de métabolisme autonome, ils ne sont donc pas des êtres vivants à proprement parler.
Structure schématique d'un virus :

Y_tambe, Virion, CC BY-SA 3.0
Les virus pénètrent dans les organismes animaux, végétaux et humains et y cherchent une cellule hôte pour se multiplier. Toutefois, certains virus peuvent également survivre un certain temps sur des surfaces. S'ils ne trouvent pas de cellule hôte pour se multiplier, ils finissent par mourir avec le temps. Il est important de noter que tous les virus qui s'attaquent à l'homme ne nous rendent pas forcément malades. Notre système immunitaire réagit souvent très rapidement et combat les agents pathogènes avec succès [3].
Dès qu'un agent pathogène pénètre dans notre corps, nous sommes infectés et pouvons transmettre le virus à nos semblables – MÊME SANS PRÉSENTER DE SYMPTÔMES OU SANS SE SENTIR MALADE ! Dans le cas des infections virales, cela se produit souvent par contact direct et étroit, en particulier dans des espaces fermés, par la toux, les éternuements ou, par exemple, une poignée de main. Mais cela se fait aussi par contact indirect, comme les poignées de porte, les barres d'appui dans le bus/tram/train etc. car, comme mentionné, les virus peuvent aussi survivre pendant un certain temps sur les surfaces.
Les virus qui ont pénétré dans notre corps cherchent immédiatement une cellule hôte et s'y fixent. Les globules rouges et blancs, les cellules hépatiques, les cellules musculaires, etc. servent souvent de cellules hôtes. Les virus libèrent leur propre ADN/ARN dans la cellule hôte, qui se retrouve contrainte de reproduire d'autres particules virales au lieu de son propre matériel cellulaire humain. Ce matériel viral ainsi produit par nos propres cellules peut se libérer dans le corps et infecter d'autres cellules. La cellule hôte d'origine meurt, et les virus se propagent dans tout le corps pour s'arrimer à de nouvelles cellules hôtes [3].

CDC/ Alissa Eckert, MS; Dan Higgins, MAM, 2019-nCoV-CDC-23312, classé dans le domaine public, détails sur Wikimedia Commons
Les infections virales peuvent souvent déclencher des maladies très bénignes, comme un simple rhume. Notre corps et notre système immunitaire gèrent généralement très bien ce genre d'infection virale. Mais la grippe saisonnière (influenza) fait également partie des infections virales et peut s'avérer très dangereuse chez les personnes particulièrement réceptives et affaiblies [4]. De plus, certaines maladies virales s'installent de manière chronique sur des années – le VIH, les inflammations du foie (hépatites) ou l'herpès.
En raison de leur structure simple et de l'absence de métabolisme, les virus sont immunisés contre les antibiotiques [5]. La médecine a développé entre-temps des médicaments spécifiques aux virus (p. ex. le vaccin annuel contre la grippe, les médicaments contre le VIH), mais il est rare de parvenir à combattre complètement, à l'aide de médicaments, un virus auquel notre système immunitaire ne peut pas faire face. C'est le cas des médicaments contre le VIH, qui permettent de contrôler le virus tout au long de la vie sans toutefois pouvoir le détruire complètement.
Infections bactériennes
Contrairement aux virus, les bactéries font partie des micro-organismes unicellulaires. Ce sont donc de véritables micro-organismes vivants autonomes et ils peuvent généralement être combattus à l'aide d'antibiotiques.
Structure schématique d'une bactérie :

Brudersohn, BakteriumSchema, CC BY-SA 3.0 DE
Il est essentiel de préciser que TOUTES les bactéries ne nous rendent pas malades. Au contraire ! De nombreuses bactéries sont indispensables à la survie de l'être humain, comme celles de notre flore intestinale ou des muqueuses buccales. Seul 1 % environ de toutes les bactéries déclenchent des maladies chez l'homme. Mais si elles pénètrent dans notre système, elles peuvent causer de graves dommages [6].
Tout comme les virus, les bactéries peuvent se transmettre par des gouttelettes (voies respiratoires et muqueuses) et par contact cutané, mais aussi par les voies urinaires, le système gastro-intestinal et par la peau en cas de blessure. Les infections bactériennes les plus fréquentes sont les pneumonies (pneumocoques : type de Streptococcus pneumoniae), les méningites (méningocoques : Neisseria meningitidis), la coqueluche (Bordetella pertussis), les infections urinaires, la salmonellose (sérotypes de Salmonella) ainsi que la tuberculose (Mycobacterium tuberculosis). En cas de blessure, les bactéries peuvent provoquer des infections des plaies et des tissus mous [6].
En règle générale, les infections bactériennes peuvent être combattues efficacement au moyen d'antibiotiques. Les antibiotiques peuvent empêcher la multiplication des bactéries ou les détruire directement. Cela s'explique par exemple par le fait que, lors de la division cellulaire, les bactéries ne peuvent pas produire de nouvelle paroi cellulaire en raison de l'antibiotique. En l'absence de cette enveloppe protectrice, la bactérie éclate. Ou alors, la biosynthèse des protéines est bloquée et la bactérie meurt de cette manière.
Ces dernières années, on a découvert de plus en plus de bactéries résistantes aux antibiotiques, appelées bactéries multirésistantes, très dangereuses et agressives (par ex. SARM). Celles-ci représentent une menace pour la santé publique et doivent être déclarées en Suisse. L'une des raisons majeures du développement de cette résistance est, entre autres, l'utilisation fréquente et inutile d'antibiotiques – non seulement en médecine, mais aussi dans l'élevage d'animaux. L'échange de matériel génétique entre les bactéries peut également conduire à une résistance [5].
Dans les hôpitaux en particulier, ces germes résistants constituent un problème croissant et peuvent entraîner de graves complications après des opérations.
Parasites
Parmi les parasites, on trouve notamment les puces, les ténias et les poux de tête. Souvent, les parasites sont inoffensifs et ne provoquent pas de maladie. Par exemple, les poux mordent le cuir chevelu plusieurs fois par jour et provoquent des démangeaisons désagréables, mais ils peuvent être facilement éliminés à l'aide de produits chimiques. Les ténias peuvent également être traités facilement par des médicaments [7].
Un ankylostome :

DPDx Image Library, Hookworm larvaG, classé dans le domaine public, détails sur Wikimedia Commons
Sous nos latitudes, la tique est sans doute le parasite le plus dangereux. En cas de piqûre de tique, les agents de la borréliose ou le virus de la FSME peuvent pénétrer dans le sang et provoquer une inflammation des méninges ou du cerveau. Toutefois, toutes les tiques ne sont pas porteuses et toutes les tiques infectées ne nous contaminent pas. La meilleure façon de se protéger est de porter des vêtements adaptés lors des promenades en forêt au printemps et en été [2].
Outre les tiques, les puces sont également des vecteurs de maladies. Au XIVe siècle, les puces étaient la cause principale de la transmission de la bactérie de la peste.
Dans les régions tropicales, le moustique Anophèle fait partie des parasites les plus dangereux, transmettant des plasmodiums lors d'une piqûre, ce qui provoque par exemple le paludisme (malaria).
Outre les piqûres et les morsures, les parasites (surtout les vers) sont également transmis par des aliments contaminés, des contacts intenses avec les animaux ou du sable de jeu souillé. Les vers pénètrent alors dans notre système digestif par la bouche et s'y développent pour devenir des vers adultes. Un lavage régulier et approfondi des mains permet de prévenir les infestations de vers.
De manière générale, les animaux sont souvent des hôtes intermédiaires pour les parasites. Ainsi, les puces, les vers ou les insectes se frayent un chemin jusqu'à nous par l'intermédiaire du chien, du chat, etc. C'est pourquoi il est important que les propriétaires d'animaux fassent vermifuger régulièrement leurs compagnons et évitent les infestations de puces et de tiques à l'aide de produits adaptés [7].
Si tu as besoin de nous, nous sommes là pour toi !
Ton équipe BodyLab, tes spécialistes après une blessure corporelle
Ostéopathie et physiothérapie | Réadaptation et entraînement
Zurich Altstetten
Références bibliographiques
[1] https://www.gesundheitsforschung-bmbf.de/de/wie-keime-sich-ausbreiten-6432.php
[3] https://www.infektionsschutz.de/infektionskrankheiten/erregerarten/viren.html
[4] https://www.gesundheitsforschung-bmbf.de/de/infektionen-6299.php
[6] https://www.infektionsschutz.de/infektionskrankheiten/erregerarten/bakterien.html
[7] https://www.infektionsschutz.de/infektionskrankheiten/erregerarten/parasiten.html
Source de l'image de couverture

National Institutes of Health (NIH), Human neutrophil ingesting MRSA, classé dans le domaine public, détails sur Wikimedia Commons



